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La Danse de la Souche

21/01/2011

dans Fête de Saint-Marc

Pour renouer avec la tradition, on fonda en 1883 la Société Chorégraphique « Les Enfants de Villeneuve ». Jean-Baptiste Dufaut, alias « le Père Tite », maître de danse de l’armée sous Napoléon III et soliste de l’Académie Provençale, y exerça ses nombreux talents.
Sur un air musical et une chorégraphie spécifiquement de Villeneuve, il remit à l’honneur la danse de la souche. Parmi les danseurs de la souche on peut citer, outre le Père Tite, plusieurs danseurs de la famille Basile, Gaby Arnaud, Colin, Eric de Broche ou Christian Pouzol.

Au Moyen-âge, les processions étaient spectaculaires, qui mêlaient profane et sacré dans l’exécution de danses ambulatoires, dites « baladoires ». Les anciennes danses provençales telles que la « Revergado », Retroussée, la « Boulegueto », Frétillante ou « l’Abiho », l’Abeille, ont progressivement disparu. Les chants qui les accompagnaient, en prenant la marque des diverses corporations, devinrent des chants populaires de paysans, menuisiers ou soldats.

La « Danse de la Souche », ou « Brande de Sant-Marc », est apparue très tôt à Villeneuve. Danse des vignerons, exécutée au Moyen-Age le jour de la Saint-Marc, elle est caractérisée par les saltations et l’oscillation constante du corps. Les sauts du danseur manifestent la prière à Saint Marc et rappellent le geste des vignerons foulant le raisin. Les danseurs exécutent ensuite un branle en chaîne, en criant « Vivo la Souco » et « Vivo lou maiou », entrecoupés d’un chant des “Grâces de Saint-Marc”.

 

Cette danse symbolique de la Souche accueille le renouveau du printemps, “lou nouvelun”, et remercie la nature des récoltes à venir.

Le jour de la fête, sur les airs traditionnels de la « Promenade de la Souche », le danseur, suivi de la charrette de Saint-Marc et des bailes en procession, se dirige vers La Collégiale pour faire bénir la souche au cours de la Grand-messe en provençal. Exécutant le pas de la promenade, au son des fifres et tambourins, il entre en dansant dans l’église. C’est le seul exemple connu, avec la fête des « Tripettes » à Barjols dans le Var, de « danse d’église ».

Après la cérémonie, souche sur l’épaule et « Menan lou Brande ! », le danseur exécute la danse de la souche par trois fois dans le village : devant la Collégiale puis sur les places Saint-Marc et Jean-Jaurès. Le brande final est un air de farandole. La foule et le cortège y participent, entraînés par les danseurs après que la souche a été brûlée pour clore les festivités.

Chanté durant la fête et accompagnant la danse de la souche , le chant des Grâces de Saint-Marc est une antique complainte mêlée de français, de provençal et de grec et transmise par tradition orale. Son auteur, Frère Jéhan Tisserant, était un prédicateur populaire du XVe siècle, docteur en théologie et confesseur de la reine Anne de Bretagne. Autrefois, tout au long de la journée, devant chaque maison où s’arrêtait la souche, ce cantique était répété en remerciement des offrandes et des petits verres de vin du terroir offerts aux bailes, aux danseurs et aux musiciens.

Depuis plus de 10 ans, La Capouliero est invitée par la confrérie de Saint-Marc de Villeneuve-lez-Avignon à fêter la vigne nouvelle.

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