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La Fèsto de Sant-Marc à Vilo-Novo d’Avignoun

10/01/2011

dans Fête de Saint-Marc

La confrérie vous propose un extrait de texte en provençal, relatant la fête de Saint-Marc en 1892, par Thomas David, félibre paysan de Villeneuve-lez-Avignon, auteur en 1903 de «Vilo-Novo Moun Païs», « Villeneuve mon pays ».

“La Fèsto de Sant-Marc à Vilo-Novo d’Avignoun”  par Thomas David

… “A Vilo-Novo, la fèsto de Sant-Marc, lou patroun de la glòri dóu pople campagnard, èro lausado em’estrambord e grando joio, qu’es pas de crèire. La vèio, à la primo-aubo, resclantissien à l’encò de chascun, lis aubado que se fan encaro en tóuti nòsti fèsto, pièi, à la vesprado, uno souco èro derrabado e tout lou sero, au son dóu fifre e dóu tambour, un dansaire coume n’i’en a pas gaire, en tout caire e cantoun la permenavo.

E l’endeman matin, quente afougamen ! Lou pople, de segur pas tant badau que vuei, èro endimencha coume à si grand jour de fèsto, coume à si plus bèlli voto, e tóutis en famiho partien leissant la clau souto la porto… E ounte anavon ? Anavon alègre, au balans de si campano, à la santo messo s’ageinouia davans San Marc, alor espausa au bèu mitan di flour óudourouso e dis espigo dóu printems e encencha de quàuquis agroufioun cremesin.

De lou vèire ansin tant bèu, lou pregavon emé fe, lou pourtavon en proucessioun, en grand triounfle, cantant si letanìo dintre si bladarié e si vignarés, pèr que touto la campagno ansin benesido souto sa prouteicioun, fuguèsse mai la nourriciero dóu pople, que se ié culiguèsse de tout à bèl èime e fuguèsse que mai un jardin d’aboundànci. Pièi, tóuti trefouli, sourtien de l’oustau de Diéu, se rendien sus la plaço, e aqui venien vèire em’uno joio que vuei noun poudèn coumprendre aquelo poulido souco engarlandado de flourque porto toujour emé soun fru la vigour de nosto raço, la gaieta de nosto Prouvènço e l’aveni de tóuti li generacioun ! Alor cridavon “E Vivo lou maiòu ! e Vivo Sant Marc !”…

Portrait de Thomas David

Thomas David, Félibre paysan de Villeneuve-lez-Avignon. Extrait d’un article du journal “l’Aïoli” (n°49 du 7 mai 1892). Traduction de Reine Eyrier.

…”A Villeneuve, Saint Marc, patron de la gloire du peuple campagnard, était vénéré avec beaucoup de  joie et d’enthousiasme. La veille, dès l’aube résonnaient en chacun les aubades qui se font encore dans toutes les fêtes, puis, à la tombée du jour, une souche était arrachée et toute la soirée, au son du fifre et du tambour, un danseur comme il n’y en a plus guère, la promenait dans toutes les rues.

Et le lendemain matin, quelle fougue ! La population, avec plus d’entrain qu’aujourd’hui, s’était endimanchée comme pour  les plus grands jours de fête et tous, en famille, partaient en laissant la clé sous la porte. Où allaient-ils? Ils allaient joyeux, au ballant des cloches, à la Grand-messe s’agenouiller devant Saint Marc, exposé au milieu des fleurs odorantes et des épis printaniers, entouré de quelques cerises cramoisies.

De le voir si beau, ils le priaient avec foi, le portaient en procession, triomphant, chantant ses litanies au milieu des champs de blé et des vignobles, pour que toute la campagne soit ainsi bénie et, sous sa protection, reste toujours la nourricière du peuple pour qu’ils puissent continuer à y cueillir de tout en abondance. Puis tous heureux, ils sortaient de la maison de Dieu, se rendaient sur la place et là venaient voir avec une grande joie, qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas comprendre, cette jolie souche fleurie qui porte toujours avec son fruit la vigueur de notre lignée, la gaîté de notre Provence et l’avenir de toutes les générations !… Alors ils criaient “Vive le cep ! et Vive Saint Marc !”…

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