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La Souche de Saint-Marc

02/01/2011

dans Fête de Saint-Marc

« La veille de la célébration, les bailes s’en vont arracher deux souches dans la vigne d’un confrère. Elles sont nettoyées et l’une d’elles est offerte à la statue de Saint Marc dans la Collégiale Notre-Dame, accompagnée d’épis de blé, de feuilles de mûrier et de branches d’olivier. La seconde, emmenée par le danseur sur son épaule, est ramenée en ville au son des fifres et des tambourins. Les bailes l’ornent spécialement pour la cérémonie du lendemain, de fleurs, d’épis de blé, de feuillages, de pampres de vigne et quelquefois de cerises. Ils attachent également des rubans verts et grenat symbolisant les feuilles de vigne et le raisin. »

Thomas David, félibre paysan de Villeneuve “Vilo-Novo Moun Païs” 1903

 

Le 24 avril, veille du jour de la fête, ce sacrifice des ceps de vigne est l’occasion d’un chapitre exceptionnel de la confrérie. A la suite du prieur, chaque nouveau “baile” (membre de la confrérie) donne un coup de bêche ou “luchet” pour finir d’arracher la souche et chacun boit une gorgée de vin d’une bouteille préalablement enterrée près de cette souche, augurant ainsi d’une bonne vendange et célébrant “lou nouvelun”, le renouveau du printemps.

Le 25 avril, jour de la fête, la souche fleurie est portée par le danseur dans la Collégiale Notre-Dame pour y être bénie durant la célébration de la messe en provençal. Au cours de la journée elle est dansée et portée en procession à travers le village. Le soir un grand feu de “ gaveù ”, sarments de vigne, est allumé par les bailes sur la place du village.

Autour du feu c’est la fête, le danseur exécute à nouveau la “danse de la souche”, la foule entonne le “Cant di Gràci”, Chant des Grâces, puis dans un esprit d’offrande et de purification le danseur jette la “souco”, la souche, dans les flammes. Retirée du brasier par deux bailes au moyen de “fourcau”, fourches à deux dents, la souche à demi-calcinée est offerte à  un confrère afin de l’honorer, sous les cris de « Vivo Sant Marc » (Vive Saint Marc) et « Vivo lou maïou » (Vive le cep de vigne).

Vendangeur, enluminure de 1480, BNF Département des Manuscrits

Texte en provençal de Bruno Eyrier, ancien prieur de la confrérie, extrait de “ Raconte, memòri e pouësìo ” 2001 éditions Prouvènço d’aro :

“La viho, uno bello souco èi derrabado dins la vigno d’un baile. Flourido, enribanado e adournado d’espigo de blad e de cerieso quand soun en avanço. L’endeman à la messo, es benesido emé li briocho, pièi dansado pèr carriero, la souco estènt sus l’espalo d’un dansaire. Pièi à jour fali, es cremado, emé lou cant di gràci, pièi tirado dóu fiò, li jouine danson uno farandoulo sus un èr de brande…”

(“La veille de la Saint-Marc, une belle souche est arrachée dans la vigne d’un baile. Elle est fleurie, enrubannée et ornée d’épis de blé et de cerises, quand elles sont en avance. A la messe du lendemain, elle est bénie avec les brioches, puis transportée à travers les rues, sur l’épaule d’un danseur. Puis à la tombée du jour, elle est brûlée avec le chant des grâces. A moitié calcinée, elle est retirée du feu et les jeunes dansent une farandole sur un air de brande. .. »)

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